néo-romantisme

Le néo-romantisme au XIXe siècle

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Le néo-romantisme du XIXe siècle

L’évolution littéraire au milieu du 19e siècle

A partir du milieu du 19e siècle, la sensibilité romantique se retrouve dans « Le Parnasse contemporain » tout en laissant la place au développement d’un courant « réaliste ».

« Le Parnasse contemporain » prolonge certains traits du romantisme, tout en condamnant sa « sensiblerie » excessive. Il affirme le principe de l’Art pour l’Art, la littérature devant se dégager de tout l’utilitarisme.

Mais le genre réaliste s’affirme parallèlement avec des auteurs s’éloignant du romantisme pour privilégier l’histoire sociale ou la peinture des mœurs.

Leo néo-romantisme

Leconte de Lisle (1818-1894). Il est le chef de file des jeunes auteurs (J.-M. de Hérédia), Sully Prudhomme, F.Coppée, P. Verlaine, S. Mallarmé, Villiers de l’Isle-Adam, puis P. Bourget, A. France, M. Barret, Ch. Cross) qui assistent à ses samedis, publient un journal l’Art, et des recueils poétiques : « Le Parnasse contemporain » (1866 – 1876). Leur idéal est que l’art ne doit avoir comme objectif que d’atteindre la beauté formelle, sans se préoccuper de vérité ou de morale.

Pourtant, Leconte de Lisle, marqué par la nature sauvage de la Réunion natale et par le christianisme social de Lamennais, adhère à la pensée de Fourier et critique la civilisation industrielle. Actif en 1848, il est déçu par l’inertie du peuple, « race d’esclave ». Il se consacre alors à la poésie (« Poèmes antiques », « Poèmes barbares ») tout en réaffirmant ses idées républicaines (Catéchisme populaire républican, 1870).

Charles Baudelaire (1821 – 1867). Il se passionne pour le romantisme et l’oeuvre de Théophile Gautier. Devenu critique d’art, il traduit les « Contes » d’Edgar Poe et publie des poèmes, dont « Des fleurs du mal » (1857), qui lui valent une condamnation pour « outrage à la morale ». Il fait aussi connaître Thomas de Quincey qui lui inspire les « Paradis artificiels » (1860) et l’oeuvre de Wagner, publie d’autres poèmes, comme « Le Spleen de Paris ». Malade et drogué il finit sa vie paralysé. Son œuvre exprime la tragédie de la solitude, le déchirement entre la tentation d’un monde artificiel qu’il sait vain, et l’attrait de Dieu et d’une pureté inaccessibles.

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898). Il cherche dans la poésie un refuge contre l’ennui et un moyen d’atteindre l’immensité et la beauté célestes. En 1866, il participe au « Parnasse contemporain » avec des poèmes où apparaissent les influences de Beaudelaire et d’Edgar Poe, et publie en 1876 « L’Après-midi d’un faune ». Avec le « Toast funèbre » (1873), dédié à Théophile Gautier et « Le Tombeau d’Edgar Poe » (1877), s’affirment ses tendances vers l’hermétisme et le symbolisme.

Peu connu du grand public, il reçoit les mardis un petit groupe littéraire et devient alors le maître des l’École symboliste, défendue par Verlaine, Régnier, Barrès, Claudel, Gide, Valéry.

Ses derniers écrits – « Divagations » accentuent par leur mystère la dimension insaisissable de l’oeuvre artistique.

Paul Verlain (1844 – 1896). Il collabore à « L’Art » et au « Parnasse » (1866), tout en exprimant dans ses « Poèmes saturniens » un rythme et une sensibilité très personnels. Devenu alcoolique, il publie pourtant en 1869 « Les fêtes galantes » pleines d’un charme mélancolique et trahissant son besoin de pureté comblé par son mariage avec la jeune Mathilde, âgée de seize ans (1870). Mais il se remet à boire, mène avec Rimbaud une vie errante, tire sur lui des coups de feu et passe plusieurs années en prison. Il se repent alors de son passé, se sent attiré par Dieu, et écrit des poèmes mystiques (« Sagesse, 1881), avant de mener une vie misérable, le menant de cafés en hospices. Un groupe d’écrivains, faisant de lui « un prince des poètes », le tire de sa déchéance et l’amène à poursuivre une œuvre exprimant le dualisme d’une existence faite de la recherche d’un bonheur tranquille et d’une fuite dans les plaisirs morbides.

Arthur Rimbaud (1854 – 1891). Révolté contre le pouvoir, la religion et la guerre, il écrit des poèmes (« Les Effarés », « Le Dormeur du val ») qu’il envoie à Verlaine en 1871. Durant leur liaison, il écrit de nombreux poèmes évoquant le voyage intérieur du « voyant » emporté par des hallucinations lui permettant d’atteindre les sensations surhumaines. (« Le bateau ivre », « Une saison en enfer », « Les Illuminations »).

Après leur rupture, il cesse d’écrire, ayant terminé à l’âge de 20 ans une œuvre littéraire révolutionnaire, suscitée par la passion et la soif de sensations fortes, qui inspirera le courant « surréaliste ». Il s’engage alors dans l’armée hollandaise, déserte, puis travaille pour une entreprise commerciale à Aden et en Abyssinie. Malade, il est amputé d’une jambe et meurt peu après, en 1891.

Les premiers « grands réalistes »

Stendhal (Henri Beyle, 1783 – 1842). C’est un révolté séduit par les idées nouvelles. Il s’engage dans l’armée de Napoléon et suit l’Empereur jusqu’en 1814. Après un séjour à Milan, il écrit sur l’art italien et peint la passion amoureuse (« De l’amour », 1822, « Le rouge et le noir », 1830). Nommé consul en Italie en 1834, il écrit ensuite « La Chartreuse de Parme », des « Chroniques italiennes », une « Vie de Napoléon ». Les héros de Stendhal incarnent l’idéal romantique, le goût de l’aventure, mais aussi la critique de l’ordre établi et de l’Église, s’inscrivant ainsi dans le mouvement libéral hostile à la Restauration.

Honoré de Balzac (1799 – 1850). Il a une créativité littéraire exceptionnelle, provoquée en partie par ses difficultés financières permanentes. Après avoir collaboré à des romans d’aventure « grand public », il écrit plus de 120 romans, laissant une précieuse peinture des mœurs de la Restauration (« La peau de chagrin », « Eugénie Grandet », « Le Père Goriot », « Le lys dans la vallée », « César Birotteau », « La Cousine Bette », « Les Illusions perdues », mais aussi « Les Chouans ». A travers ses personnages typiques, il a privilégié la satire de la bourgeoisie, la description de la vie quotidienne, de ses passions grandes ou dérisoires; il délaisse la chronique de la noblesse, sans doute à cause de son attachement à la royauté et au catholicisme.

Victor Hugo (1802 – 1885). Il illustre le mieux l’évolution du romantisme vers le réalisme. Dès l’âge de 15 ans, il écrit des poèmes remarquées par l’Académie française. Il crée à 17 ans la revue « Le Conservateur littéraire » et affiche alors des idées royalistes et catholiques, faisant de Chateaubriand son modèle. Après une « Ode sur la mort du Duc de Berry » (1820), il aborde le genre romanesque (« Bug-Jargal »), commence à s’intéresser au drame humain (« Le dernier jour d’un condamné »), et évolue vers le libéralisme et le romantisme. La « Bataille d’Hernani » (1830) est l’occasion du triomphe de Hugo (sa pièce étant jouée à la Comédie française) et celle du regroupement des jeunes auteurs, comme Vigny, Mérimée, Nerval, Sainte-Beuve ou Gautier.

Victor Hugo connaît rapidement d’autres succès (« Notre-Dame de Paris », 1831, « Lucrèce Borgia », 1833, « Ruy Blas », 1838) avant de s’arrêter à écrire à la mort de sa fille. Il se tourne alors vers la politique, est élu député de Paris en 1848, mais s’oppose au coup d’État de Napoléon III, qu’il combat de son exil à Jersey. Il y écrit des poèmes (« Le Chatiment », « La Légende des siècles »), des romans (« Les Misérables », 1862, « Les Travailleurs de la Mer »). Après Sedan, Victor Hugo est de nouveau député, puis sénateur (1876) et publie « Quatre-vignt-treize », « L’Art d’être Grand-Père ».

Son œuvre exprime le romantisme triomphant des années 1830, la diversité du génie poétique et théâtral, la force du roman social décrivant la détresse populaire et l’itinéraire du poète évoluant vers le libéralisme républicain.

Gustave Flaubert (1821 – 1880). Il s’enflamme pour les auteurs romantiques et tombe amoureux d’une femme mariée qui inspire ses premières œuvres – « Mémoires d’un fou » (1838), « Novembre » (1842), « L’Éducation sentimentale » (1845).

Flaubert se consacre ensuite à la rédaction de romans minutieusement préparés par une étude préalable : « Madame Bovary » (1857), « Salammbô » (1862).

Malgré divers échecs (« La tentation de Saint-Antoine »), il prépare un roman satirique « Bouvard et Pécuchet » et bénéficie après de sa mort de la reconnaissance des « jeunes naturalistes », tels Émile Zola, qui saluent en lui le défenseur du réalisme et de la beauté formelle dans l’écriture.

Prosper Mérimée (1803 – 1870). Collaborateur à la « Revue de Paris » à partir de 1829, il devient ensuite inspecteur général des Monuments historiques. Il se consacre au genre historique et aux récits fantastiques, sous la forme de romans ou de nouvelles « Chroniques du règne de Charles IX », 1829, « Mateo Falcone », 1829, « Le Vase étrusque », 1830, « La Double Méprise », 1833, « Carmen », 1845. Attire par la littérature russe, il traduit et popularise Pouchkine, Gogol, Tougeniev. Mérimée connaît un vif succès d’auteur. Proche de la famille impériale et nommé sénateur, il fréquente la Cour des Tuileries et supporte fort mal l’effondrement de l’Empire.

Le roman historique et le roman populaire

Alexandre Dumas (1802 – 1870) débute dans le genre théâtral (« La Tour de Nesle », 1832, « Kean », 1836), puis écrit surtout ses fameux romans historiques auxquels contribuent de nombreux collaborateurs, dont Auguste Maquet (« Les Trois Mousquetaires », 1844, « Vingt ans après », 1845 et « Le Vicomte de Bragelonne », 1850, « La Reine Margot », 1845, « La dame de Montsoreau », « Le Comte de Monte-Cristo », 1846). Riche et célèbre, il est aussi directeur de théâtre, mais se ruine dans une vie fastueuse.

Son fils Alexandre, dit Dumas fils (1824 – 1895) est surtout célèbre par sa « Dame aux Camélias », 1848. Mais il écrit également des poèmes et de très nombreuses pièces de théâtre.

Eugène Sue (1804 – 1857) décrit la misère des bas-fonds parisiens dans ses « Mystères de Paris », publiés en feuilleton dans le « Journal des Débats » en 1842 et 1843. Il est élu député de Paris en 1848. Il est aussi auteur du « Juif errant » (1844 – 1845) qui remporte un énorme succès.

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