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La politique européenne de la IIIe République

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La politique européenne de la IIIe République française

En dehors de la colonisation, l’essentiel de la politique extérieure française lors de la IIIe république est constituée par une action diplomatique visant à rapprocher la France de ses anciens ennemis. Ainsi, dès la fin des années 1870, les relations franco-allemandes se sont sensiblement améliorées; l’Allemagne voit en effet d’un bon œil l’expansion coloniale de la France qui la détourne de l’idée de revanche et l’opposé de la Grande- Bretagne. Pourtant, à partir de 1887, la tension remonte entre les deux États, à la suite de plusieurs incidents frontaliers, exploités par les milieux nationalistes des deux pays.

La Triple Entente

La France se rapproche alors de la Russie, où elle exporte des capitaux (les fameux emprunts russes) depuis 1888. En 1891, un accord politique prévoit une consultation en cas de menace de guerre et en 1892, un accord militaire défensif est signé. En 1896, le Tsar Nicolas II vient à Paris poser la première pierre du pont Alexandre III, qui symbolise l’alliance franco-russe.

Vis-à-vis de l’Angleterre, la politique française se modifie progressivement après l’incident de Fachoda (1898). Théophile Delcassé, qui devient ministre des Affaires étrangères la même année, opte finalement pour le rapprochement avec la Grande-Bretagne. Après la visite d’Édouard VII à Paris en 1903, les accords d’avril 1904, qui règlent les litiges coloniaux, ouvrent la voie à l’Entente cordiale franco-anglaise.

La question marocaine met les alliances à l’épreuve, mais se termine par un isolement de l’Allemagne : après que l’Empereur Guillaume II se soit rendu à Tanger en mars 1905 pour proclamer l’indépendance du Maroc et réclamer une conférence internationale, la France obtient la rupture d’un accord secret russo-allemand, et à la conférence d’Algérsiras, en 1906, La Grande-Bretagne et la Russie reconnaissent les droits français sur le Maroc. On assiste même en 1997 à un rapprochement anglo-russe qui permet la formation de la Triple Entente, entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, constituée de fait contre l’Allemagne. Un nouvel incident à propos du Maroc (l’arrivée devant Agadir d’une canonnière allemande, en 1911) aboutit à un accord franco-allemand : les François « achètent » le désistement allemand par des concessions territoriales au Congo, mais cela a pour effet de faire monter d’un cran l’antagonisme entre les deux pays.

Tension et guerre dans les Balkans

La révolution turque qui aboutit en 1908 au triomphe des Jeunes Turcs réformateurs et nationalistes, provoque indirectement la proclamation d’indépendance de la Bulgarie et l’annexion par l’Autriche de la Bosnie-Herzégovine. La Russie voit ainsi son influence dans la région décliner, et son alliée la Serbie est directement menacée par l’Autriche-Hongrie, soutenue par l’Allemagne. La guerre éclate en 1912 : d’abord entre la Ligue balkanique (Serbie, Bulgarie et Grèce) et la Turquie, soutenue par l’Allemagne, puis entre la Bulgarie et la Serbie. Le traité de Bucarest (août 1913) met fin aux hostilités sans rien régler : Allemands et Autrichiens désirent toujours établir une continuité territoriale avec leur allié turc. Inversement, la Russie désire étendre son influence dans les Balkans, et se ménager l’accès à la Méditerranée.

Vers la guerre

Après les conflits balkaniques, le renforcement des liens entre les deux blocs se précise en 1913 et 1914, alors que chacun développe son potentiel militaire et se prépare à la guerre. L’assassinat de l’archiduque d’Autriche François-Ferdinand, le 28 juin 1914, à Sarajevo, sert de prétexte à l’Autriche pour envahir la Serbie, qu’elle juge responsable (28 juillet). Les choses vont alors se précipiter: les 29-31 juillet, la Russie mobilise; le 1er août, après lui avoir lancé la veillé un ultimatum, l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août. L’Angleterre hésite d’abord à s’engager dans le conflit. Mais l’invasion de la Belgique le 3 août décide les Anglais à déclarer à leur tour la guerre à l’Allemagne (4 août).

Ainsi, rien n’avait pu arrêter le développement des hostilités, aucun pays n’ayant véritablement le désir d’éviter la guerre. La France, en particulier, le vieux rêve de revanche contre l’Allemagne débordait largement des milieux nationalistes, et après l’affaire d’Agadir, la politique de Poincaré avait été de refuser tout nouvel arrangement.

Les armes ont désormais la parole. Ainsi s’ouvrent quatre années de souffrances et de destructions dont la France et l’Europe sortirent affaiblies.

Les causes économiques de l’expansionnisme

La colonisation, la recherche de zones d’influence dans le monde peuvent  s’expliquer par des motivations géopolitiques et par le nationalisme des États européens. Mais elles proviennent aussi de rivalités économiques. Elles sont liées :

  • à la recherche de matières premières industrielles et de produits alimentaires tropicaux;
  • à la conquête de marchés extérieures permettant d’écouler les surplus de production des pays industriels qui augmentent avec le progrès technique, remédiant ainsi à la saturation des marchés européens. C’est ainsi que Jules Ferry peut déclarer : La politique coloniale est fille de la politique industrielle;
  • à la pratique de taux d’intérêt élevés de la part des pays « neufs » pour attirer les capitaux des pays plus développés afin de pouvoir financer leurs programmes d’investissement (chemin de fer, grands travaux).

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