politique coloniale de la IIIe république

La politique coloniale de la IIIe République

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La politique coloniale de la IIIe République (1871 – 1914)

Colonialisme et bellicisme

La France mène après 1880 une politique coloniale active, se rapproche de l’Angleterre et de la Russie, avant de céder à la tentation de la revanche sur l’Allemagne.

L’expansion coloniale

L’aspect le plus spectaculaire de la politique extérieure de la France durant cette période est l’amplification considérable de l’expansion coloniale. Amorcée dans les années 1830 et poursuivie sous le Second Empire, la colonisation est encore limitée à l’Algérie, au Sénégal et au sud du Vietnam en 1880. Mais sous l’impulsion de Gambetta et de Jules Ferry, elle se développe rapidement de 1881 à 1885, et à nouveau à partir de 1893, avec les ministres des Affaires étrangères Hanotaux et Delcassé. Un ministère des Colonies est d’ailleurs créé en 1894. Après ces deux vagues de conquêtes, la France est en 1914 à la tête d’un Empire colonial comparable à celui de l’Angleterre.

L’Afrique

En Afrique du Nord, la France contrôle l’Algérie (où en 1871 est écrasée l’insurrection indigène de Kabylie, et qui constitue la principale colonie de peuplement), la Tunisie (dont les traités du Bardo – 1881 – et de la Marsa – 1883 – reconnaissent pourtant l’identité de l’État, mais dont la politique extérieure et l’administration sont contrôlées par la France), et le Maroc (où un Résident général exercera le pouvoir civil et militaire, à la suite du Traité de Fès (mars 1912) qui ouvre la voie à la conquête militaire et à la colonisation).

En Afrique Noire, les comptoirs détenus par la France dès avant 1870 au Sénégal, en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Dahomey, au Gabon, servent de point de départ à l’expansion vers l’intérieur des terres. Celle-ci s’effectue de 1881 à 1883 au Sénégal, alors que parallèlement Savorgan de Brazza explore le Congo et fonde Brazzaville. Puis de 1887 à 1889 des territoires situés au sud de la Côte d’Ivoire et de la Guinée sont achetés par les Français. En revanche, la conquête du Dahomey en 1892 – 1893, occasionnera de dures combats. L’armée française remonte ensuite plus au nord ver le Haut-Volta et le fleuve Niger (prise de Tombouctou en 1894). La voie est alors ouverte à une réunion de ces nouveaux territoires avec ceux de la côte maghrébine. Cela permet en plus d’entreprendre la conquête du Tchad, à partir du sud de l’Algérie, du Niger et de l’Oubangui (destruction du royaume de Rabah en 1901).

Au large des côtes de l’Est africain, les Français ont obtenu en 1862, des concessions territoriales à Madagascar. Cette île deviendra colonie française en 1897, après l’expédition navale de 1883, et la difficile conquête de 1895 – 1897, menée par Falliéni; il s’efforcera pourtant d’en favoriser le développement économique jusqu’à son départ en 1905.

Fachada (1898)

La conquête de l’Éthiopie, qui a pour objet d’établir une liaison avec Djibouti et la côte Est de l’Afrique n’est pas possible. La mission Marchand, partie du Congo, atteint bien Fachada, située sur le Nil, en 1898. Mais les troupes anglaises de Kitchener venant d’Égypte, protectorat anglais, l’empêchent de continuer vers l’Éthiopie. Après une période de vive tension internationale, les Français acceptent de laisser à l’Angleterre le contrôle du Soudan. L’influence anglaise s’établit ainsi sur tout l’Est africain. En 1914, l’Éthiopie reste (avec le Liberia) l’un des rares États indépendants du continent africain.

L’Asie

En Asie, les Français installés déjà en Cochinchine (à l’extrême sud de la péninsule indochinoise), commencent la conquête du delta du Mékong en 1873. Mais Garnier est tué et la France se contente dans un premier temps d’un traité lui assurant la liberté de commerce sur le Mékong et le contrôle de la politique extérieure du royaume d’Annam (au centre du Vietnam actuel). Mais, à partir de 1882, les vues se portent sur le Tonkin (Vietham du Nord); l’Annam devient d’abord protectorat français en 1883, puis les combats se déplacent vers le nord (prise de Son-Tay en 1884). Malgré la défaite de Long-Son (qui provoque la chute de Juley Ferry, favorable à la conquête), et après un blocus de la Chine effectué par l’amiral Courbet, la France contrôle le Tonkin en 1885.

En 1887, l’action d’Eugène Etienne et de Paul Bert, résident général en 1886, conduit à la création de l’Union Indochinoise qui comprend la colonie de Cochinchine, les protectorats d’Annam, du Tonkin et du Cambodge. En 1893, après des négociations menées par Auguste Pavie, le Laos entre dans l’Union indochinoise. Le gouverneur général en est, de 1897 à 1902, Paul Doumer, futur président de la République française. La France y mène une politique administrative et coloniale active, qui provoque une résistance nationaliste et des troubles en 1908 et 1913.

Hubert Liautey (1854 – 1934)

Après avoir participé aux opérations militaires au Tonkin et à Madagascar, il dirige la conquête du Maroc à partir de 1906, et y devient Résident général de 1912 – à 1925). Il y mène une politique visant à y créer les conditions de l’unification politique et du développement économique, appliquant les idées sociales qu’il avait professées auparavant. Il est ministre de la Guerre entre 1916 et 1917 et préparera l’Exposition coloniale de 1931.

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